"Photographe de profession, Marine s'est spécialisée dans le portrait. Aussi loin que je m'en souvienne, elle a toujours eu cette obsession pour la figuration humaine.
À quoi bon photographier ?
La photographie est un art de la contingence, du particulier. Pratiquer le portrait revient toujours dans une certaine mesure à mettre le présent à l'honneur. Ce n'est pas seulement l'image des personnes qui se tiennent devant l'objectif qui est enregistrée, mais aussi leur rencontre avec la photographe.​
Marine s'inscrit dans la longue tradition de ces portraitistes qui ont vu dans la photographie un moyen de révélation. Elle tend à montrer cet élément particulier, propre à chaque modèle, cette singularité de tempérament, cette subtilité indicible...
Outre son travail de commande, Marine poursuit ses recherches personnelles. C'est un élan viscéral que la photographie, et le premier sujet que l'on trouve est souvent soi-même. Marine pratique assidument l'autoportrait, usant de la mise en scène comme d'un moyen d'expression.
À travers sa série Esprits embrumés, elle a voulu donner à voir la pensée féminine. Pour ce faire, elle a sollicité plusieurs femmes, et les a mises en scène suivant un protocole systématique, mettant en avant leur différence.
Les physiques et mouvements divers génèrent des images uniques, comme leurs protagonistes.
Ensemble elles évoquent la multiplicité du féminin : La Femme n'existe pas.
La beauté de ces photographies ne vient pas de celle des corps, en conformité à quelque canon : leur diversité même invalide une telle idée. C'est leur irréductible singularité et leur force d'évocation qui fait toute la qualité de ces images.
Comme elles paraissent nues, on pourrait croire que ces femmes s'offrent au regard, et au désir ; mais leurs yeux clos renvoient à une intériorité inaccessible, aussi insaisissable que ces nuages évanescents, qui symbolisent la fugacité et la complexité de la pensée."
Sibylle Vabre
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